Poète et photographe, Cyril Berthault Jacquier nous montre un monde métaphysique qui ne manque jamais de pathos. Images presque toujours en noir et blanc. Du bleu-gris quelque fois, du sépia aussi. La couleur on la sent, on la dévine, mais on ne la voit pas, magnifique élégance. Au début c'est le regard qui frappe, un regard fixe, hagard, émotion absolue, puis c'est l'ombre qui arrive, troublante, en enveloppant corps, mur, salle, tout sans bruit ni dimension. Et c'est le photographe même qui est l'acteur principal, c'est lui même qui joue l'inquiétude de l'existence. Sa curiosité est toujours en éveil, à l' écoute , c'est ça l'art. Photographe, mais poète aussi, aux paroles qui glissent sur le papier, laissant des traces fines. Elles s'en vont, puis reviennent....
L.A.
" ça me darde
l' attente de l' heure
bruissement, feuillus
une rumeur, l' autre
désuétudes nos bâtisses
la perte de l' existence
je ne lave de rien
je ne découvre que l'envie "
C.B.J.

"Ce serait comme entrer ou sortir d’un passage,
Ce serait comme y passer sans y être vraiment invité,
Ce serait comme les mots d’encre sur la page,
Ce serait comme un polaroïd perdu dans le métro,
Ce serait comme des volutes de fumées oranges,
Ce serait comme quatre voix envolées à la ville capitale,
Ce serait comme des croisements dans un ciel moins virtuel,
Ce serait comme un flou sans verre ô là le rocher,
Ce serait comme fermer les yeux sur un beau désert,
Ce serait comme se réveiller un matin d’entre saisons,
Ce serait comme rouler la paille aux creux du feu bleu,
Ce serait comme attendre un papier d’importance à la boîte,
Ce serait comme une jonction qu’on ne sait qualifier"
C.B.J.



à voir absolument : le site de Cyril Berthault Jacquier